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Rayures et Traces Métalliques sur les surfaces émaillées des articles céramiques de table

par Smart.Conseil

 
 
 
 
 
 
Les rayures et les traces métalliques noires dans le fond des assiettes et des plats exaspèrent les utilisateurs de belle vaisselle lorsqu'ils constatent ces défauts parfois irréversibles. Cet article met en lumière les mécanismes de ces défauts en donnant des conseils pour éviter le pire ou pour y remédier.
 
 
 
 
RAYURES DE L'ÉMAIL DES ARTICLES DE TABLE :
 
Les rayures de l'émail sont des entailles ou des sillons plus ou moins importants gravés dans la surface émaillée par une détérioration due à l'action d'un corps dur mis en contact par frottement.
 
Les principales causes de rayures de l'émail dans le bassin des assiettes et des plats sont dues à la nature des couverts utilisés (principalement celle des couteaux) et à l'empilage des produits (assiettes, plats, soucoupes…) sans soin approprié.
 
 
 
La rayure par les couteaux :
 
La rayure par les couteaux est très difficile à contrer car ces produits sont en constante évolution chez les fabricants, toujours plus résistants, plus tranchants et plus durs.
Les couteaux à micro-denture en acier durci (acier trempé riche en carbone) sont parmi les plus redoutables car l'acier durci est plus dur que l'émail fritté des faïences (*1) et la micro-denture très fine amplifie la production des rayures. Ce double effet de dureté et micro-denture permet de rayer plus facilement beaucoup de glaçures céramiques.
 
*1 : La dureté Mohs d'un émail fritté de faïence s'apparente à celle du verre silico-sodo-calcique des vitres sa valeur se situe entre 5,5 et 6,0 tandis que celle des aciers trempés commence à 6,5
 
 
 
 

 

 
L'action de la micro-denture des couteaux sur la surface silicatée de la glaçure s'apparente à celle du vitrier qui découpe une vitre à l'aide d'un diamant ou d'une molette.
 
La découpe du verre plat consiste à déplacer une pointe de diamant ou à faire rouler une petite molette en carbure de tungstène (*2) en exerçant une pression, ce qui produit un échauffement local du verre. La mauvaise conductivité du matériau favorise ainsi des contraintes de dilatation par choc thermique très localisées qui produisent la rayure de la surface du verre sur le parcours de l'outil.
 
*2 : Des outils durs à faible surface de contact avec le verre (on peut faire de même avec un stylo à bille…)
 
 
D'autres couteaux redoutables sont aussi maintenant sur le marché, ce sont les couteaux à lames céramiques qui sont encore bien plus durs que l'acier durci. Ce sont des céramiques à base d'oxyde de zirconium qui offrent une dureté proche de celle du diamant (Dureté Mohs proche de 7,5). Aucune surface émaillée de vaisselle céramique ne résiste à ces couteaux. Réservés initialement aux accessoires de cuisine (couteaux du chef) ils s'invitent maintenant sur la table. Les plus utilisés sur la table sont les couteaux dits " à steaks ", plus effilés et tranchants que jamais et dentelés.
Le couteau à lame céramique devient de plus en plus bon marché, son prix a rejoint celui des couteaux en acier, ce qui étend son usage sur la table.
 
 
 
Les rayures par empilage :
 
Le rangement de la vaisselle et son optimisation dans les placards des cuisines amène à empiler et entasser les articles dont la forme le permet. Il s'en suit des contacts entre les surfaces émaillées et non émaillées dures et plus ou moins rugueuses. Les assiettes, les plats et les soucoupes sont les articles qui se prêtent le mieux à l'empilage et ce sont eux qui sont les plus touchés si l'utilisateur ne prend pas tous les soins nécessaires à leur entretien.
 
 
Les articles en porcelaine de qualité sont généralement polis sur le pied après cuisson pour adoucir le contact et limiter la rayure à l'empilage. Mais attention, les porcelaines et les stonewares bon marché des grandes surfaces le sont très rarement. Il est possible de polir soi-même ces produits à l'aide de papier abrasif humide au corindon à grain assez fin (grain 600 ou 800) en prenant garde de ne pas toucher à l'émail. L'idéal est de disposer l'abrasif humidifié à plat sur une surface souple et d'y poser l'assiette en la frottant avec des mouvements circulaires.
 
Les faïences dont le biscuit est toujours poreux sont presque toujours intégralement émaillées par obligations sanitaires afin de ne pas permettre aux liquides alimentaires de pénétrer dans leur structure (lors de l'empilage des assiettes sales avant lavage par exemple). Exception faite des grosses pièces comme les soupières, les cafetières, etc… qui sont moins en contact avec les aliments sur les parties désémaillées.
 
Les intercalaires en papier ou en synthétique bien que fastidieux à l'utilisation restent le meilleur moyen de protection contre la rayure à l'empilage. Surtout si les piles sont très hautes. Il faut penser que les assiettes du bas de la pile supportent parfois des poids très importants et que le simple fait d'ébranler la pile peut facilement provoquer des rayures là où la pression est la plus forte.
 
 

 

Cas des surfaces émaillées neuves :
 
Après cuisson, lorsque les articles émaillés sortent du four, leur surface qui n'a encore jamais été mise en contact avec des liquides ou des corps gras est très sensible aux rayures. Le simple fait d'empiler des assiettes sortant du four sans précaution peu occasionner des rayures irréversibles. Leur surface réagit et tend à s'opposer à tout contact par glissement. Ces mêmes articles après usage et lavage pourront avoir un tout autre comportement de leur surface et mieux résister à ce type de rayures.
Le soin apporté par le fabricant au moment de recueillir les produits qui sortent du four est très important. Le produit doit être respecté tout au long de la chaîne de production restante en utilisant tous les moyens possibles pour éviter les contacts et frottements entre les articles émaillés jusqu'à l'emballage. Pour cette raison les assiettes sont mises en piles avec des intercalaires dès leur sortie du four.
Les conseils donnés pour la première utilisation des articles chez le client sont très importants pour éviter ces rayures sur les surfaces neuves.
 
 
 
TRACES MÉTALLIQUES SUR L'ÉMAIL :
 
Les traces métalliques observées dans le fond des assiettes ou des plats de service sont dues aux frottements des couverts métalliques répétés sur leur surface émaillée. Elles constituent tout un réseau de lignes entrecroisées plus ou moins noires que certains confondent quelques fois avec celui occasionné par le trésaillage de l'émail.
 
Les traces métalliques laissées par les couverts sont dues à plusieurs paramètres dont les principaux sont :
 
- la rugosité de la surface
- la nature des couverts (type d'inox, acier, argenterie, etc...)
- la présence d'un opacifiant dans l'émail
 
 
 
la rugosité de la surface émaillée :
 
Les glaçures mates ou satinées sont des glaçures rugueuses, leur surface irrégulière diffracte la lumière de façon diffuse en annulant ou diminuant visuellement les reflets. La rugosité, due à une phase cristalline (par exemple une glaçure au calcium, matifiée par des micro-cristallisations de silicate de calcium ou wollastonite), ou due à de la sous-cuisson ou à une charge cristalline réfractaire (ex. Alumine) se présente sous différentes intensités qui conduisent irrémédiablement à la production de traces métalliques avec les alliages de certains couverts.
 
Les glaçures frittées, comme celles des glaçures de faïences, sont celles qui présentent le moins de rugosité, à condition d'être transparentes et incolores. Les opacifiants et les pigments céramiques sont des particules réfractaires, elles subsistent dans la glaçure dans un état peu dégradé par le milieu vitreux et contribuent à un niveau de rugosité non négligeable.
 
Les glaçures non frittées ou partiellement frittées comme celles de grès ou de porcelaine peuvent présenter des rugosités si elles ne sont pas totalement matures à l'issue de leur cuisson.
Par exemple, une glaçure de grès ou de porcelaine composée de matières premières cristallines brutes (sable, feldspath, kaolin, etc…) cuite à haute température ne garantit pas l'absence de fragments cristallins dans la couche vitreuse obtenue. Même parfaitement brillante à l'œil elle peut dissimuler de petites particules cristallines incomplètement fondues dans la surface responsables d'une rugosité.
Pour améliorer cela, il faudra trouver des remèdes soit par la cuisson, soit par la granulométrie des matières, soit par la formulation de la glaçure ou par un savant assemblage de ces paramètres.
 
La rugosité de la surface émaillée peut aussi survenir au cours de l'usage du produit chez le client.
 
Il peut s'agir de dépôts de surface, tels des dépôts calcaires dus à l'eau de lavage ou des résidus alimentaires résultant d'un lavage inefficace ou d'un manque de soin.
Cela peut aussi être le fait d'une corrosion due à l'emploi des articles émaillés mis en contact avec des composés inadaptés ou due à une faiblesse chimique de la glaçure elle même, telle une mauvaise résistance aux acides alimentaires (L'acide tannique du thé, l'acide acétique des vinaigrettes, l'acide citrique d'agrume et de tomate , l'acide oxalique de légumes comme l'oseille ou l'épinard, l'acide lactique du lait…). La surface silicatée de la glaçure peut être endommagée par ces acides et devenir rugueuse.
 
La rugosité de la surface émaillée agit comme un abrasif, elle arrache des microparticules métalliques aux couverts. Ces microparticules restent en partie accrochées aux rugosités, formant des alignements qui retracent le parcours des couverts. La plupart des alliages métalliques peuvent laisser des traces plus ou moins contrastées selon le niveau de rugosité rencontré.
 
 
 
La nature des couverts :
 
Les métaux tendres ou les métaux argentés laissent des traces très visibles car les rugosités les usent facilement et ils laissent des dépôts importants. Les couverts en argent massif peuvent dans certains cas " écrire " comme des crayons à papier sur une surface émaillée.
Les métaux durs (aciers trempés riches en carbone) marquent peu du fait de leur dureté et aussi parce qu'ils résistent mieux à l'usure et gardent leur forme acérée d'origine plus longtemps. Les couverts en métaux tendres ont tendance à s'user rapidement et à présenter des surfaces de contact de plus en plus importantes.
 
 
 
La présence d'opacifiants dans la glaçure :
 
Les opacifiants sont des silicates ou des oxydes très réfractaires qui sont peu attaqués par le flux vitreux de la glaçure lors de la cuisson. Ils sont toujours finement divisés afin de mieux faire écran à la lumière. La plupart sont dits " micronisés ".
 
Les glaçures opacifiées au zircon (Silicate de zirconium, ZrSiO4) ou au dioxyde d'étain (SnO2) produisent une microrugosité de surface de moyenne amplitude. Ce sont celles qui révèlent pourtant le mieux les traces métalliques par leurs reflets directs dits " spéculaires ". Des traces métalliques identiques laissées sur un émail transparent incolore pourraient passer inaperçues. Tout ceci s'explique par l'optique du milieu de chacune des glaçures.
 
La figure suivante montre le mécanisme optique théorique de chacune de ces surfaces :
 
 
 

 

 

 

1) La surface opaque ne permet pas à la lumière de pénétrer dans la glaçure, elle réfléchit intégralement l'image de la trace métallique comme le ferait un miroir. La trace métallique est très visible, surtout sur un émail opaque de couleur claire.
 
2) La glaçure transparente permet à la lumière de traverser en partie la faible couche de la trace métallique tout comme cela se produit avec le verre métallisé de lunettes de soleil, puis elle est réfléchie par la surface rugueuse du tesson de façon diffuse, ce qui atténue considérablement l'image de la trace. La trace métallique est peu visible dans ce cas.
 
 
 
Comment ôter les traces métalliques déposées par les couverts :
 
Les traces métalliques laissées par l'inox ou l'acier peuvent s'éliminer assez facilement sur les assiettes à l'aide d'un acide fort tel que l'acide chlorhydrique à 23% du commerce (proposé en magasin de bricolage).
 
Il suffit de diluer un peu de cet acide avec 50% d'eau et de l'appliquer sur la surface marquée à l'aide d'un pinceau (pinceau sacrifié pour l'occasion) en le frottant bien sur la zone à nettoyer. Au bout de 30 secondes à 1 minute, les traces métalliques auront disparu, il ne restera plus qu'à bien rincer l'assiette à l'eau claire puis qu'à la laver avec une eau savonneuse.
 
Cette opération doit être faite dans un lieu ventilé en évitant de respirer les vapeurs de chlore produites par l'acide et en se protégeant des projections possibles (tablier, gants, lunettes…). La préparation d'une très petite quantité (1/4 de verre) suffit pour nettoyer plusieurs assiettes et éviter de côtoyer une trop grande quantité de solution acide. En étant bien protégé et attentif à cette opération, l'élimination des rayures métalliques sur les assiettes est vraiment très facile.
 
 
 
 
 
 
 
 
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