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SUSPENSIONS & ENVELOPPEMENTS
par Georges Lanteri
En souvenir de Georges qui nous a quitté en 2015
 
 
 
 
 
 
Voici une technique déjà appliquée à d'autres matériaux comme le paper clay ou les tissus en fibres naturelles.
 
C'est par hasard, il y a une quarantaine d'années, que je me suis amusé à mettre dans un four une éponge imbibée de barbotine. A cette époque j'avais une production de vaisselle céramique et par économie j'utilisais des morceaux de mousse de polyuréthane souple comme éponge. Beaucoup de ces morceaux après usage étaient laissés hors des bacs de lavage. De ce fait une fois secs certains prenaient des formes baroques. L'un de ces morceaux avait visage humain c'est lui qui une fois cuit me révéla que la mousse ayant disparu avait gardé sa forme initiale grâce à l'argile qu'elle contenait
 
Cette expérience resta sans lendemain.
 
Ce n'est que bien plus tard, il y a maintenant une quinzaine d'années, que ces mêmes morceaux de mousse, qui me servaient toujours d'éponge, m'ont rappelé cette anecdote. J'avais entre temps pris connaissance des travaux de céramistes se servant de papier ou de tissus imbibés de barbotine.
 
Tout d'abord cette technique oblige à des pièces de bonnes dimensions. Minimum 40 cm et maximum ce que peut supporter le volume de votre four. Les dimensions de mon four sont de 60 cm de large par 65 cm de profondeur et 80 cm de hauteur.
 
Les épaisseurs de mousse que j'emploie vont de 0.50 mm jusqu'à 100 mm. Les prix sont variables, ne vous fournissez pas chez un matelassier mais plutôt chez un grossiste détaillant. Les plaques ont des grandeurs d'environ 200 x 150 cm.
 
Les barbotines peuvent être de faïence, de grès ou de porcelaine. Toutes mes pièces sont réalisées en argiles de grès ou de porcelaine. Parfois grès engobés d'une barbotine de porcelaine.
 
Mise en pratique :
 
La mise en pratique est des plus simple cependant elle comporte des obligations.
 
Voici le déroulement d'une mise en œuvre pour une pièce.
 
J'applique deux techniques : Les suspensions et les enveloppements.
 
1) Les suspensions :
 
Pour les suspensions, ayant un plafond en voliges, j'ai vissé des pitons fermés au plafond auxquels j'accroche des ficelles. Ces pitons sont disposés suivant la forme que je veux donner à ma suspension.
 
L'épaisseur de mousse pour cette application varie de 0.50 mm à 15 mm. Lorsque j'emploie du 0.05 mm je mets plusieurs plaques de mousse (2/3 maximums)
 
Au-delà de 15 mm les plis formés par la mousse ne présentent plus d'intérêts décoratifs (avec les dimensions que j'utilise). Sur ces mousses ou avec la mousse je mets des morceaux de gaze, des tissus de coton, des ficelles de corde, des dentelles etc. Mais les ajouts doivent être en fibres naturelles et non synthétiques. Car les synthétiques n'absorbent pas les barbotines.
 
On peut également appliquer sur la mousse de fines plaques d'argile gravées ou incruster des motifs estampés (fleurs, feuilles, visages, etc.)
 
Equipement :
 
Pour éviter de vaporiser ma barbotine dans tout l'atelier je me suis fabriqué avec des tasseaux de bois (40 mm) une cage façon cabine d'émaillage, fermée sur trois coté avec des feuilles en matière plastique rigide.
Je mets celle-ci sur une table ou sur deux tréteaux.
Sous ma suspension je dispose une bassine servant à la récupération de la barbotine.
 
 
 
 
Vue n°1
 
Je dispose de deux bassines de 50 litres pour la préparation des barbotines, l'une pour mélanger, l'autre pour tamiser. D'un mélangeur fait d'une perceuse (puissance 3000/4000 W) équipée d'un mélangeur à peinture, d'un tamis de 90, d'un pinceau plat large, d'un pistolet et d'un compresseur (100 litres).
Comme la barbotine est abrasive j'ai acheté chez un marchand de bricolage un pistolet avec réservoir à suspension pas trop cher, ceci pour éviter d'abîmer mes pistolets servant à l'émaillage.
 
Dans un premier temps il faut préparer la barbotine. Cette préparation est identique pour toutes les barbotines de coulage sauf que dans ce cas sa densité est moindre. Tenir la barbotine aux environs de 1200/1250 grammes au litre. A l'identique d'un émail. Pour cela augmentez les doses de défloculants et d'eau.
Pour 100kg de poudre il faut environ 45/50 litres d'eau – 200g de carbonate de soude – 600g de silicate de soude ou 700g de dolaflux. Rectifiez ces proportions suivant la poudre d'argile utilisée.
Mais ne noyez pas votre barbotine.
 
Votre barbotine prête, coupez aux dimensions et suivant l'esquisse de votre dessin, vos plaques de mousse.
Humidifiez-les légèrement, puis plongez-les dans votre bac de barbotine.
Essorez-les légèrement. Posez-les dans votre bassine qui se trouve dans votre cage d'émaillage.
Prenez chaques angles de vos plaques de mousse repliez-les puis nouez-les à l'aide de bouts de corde ou de ficelle (grosseur 4/5 mm environ prenez-les en nylon elles sont plus solides) voir la vue ci-dessous :
 
 
 
Vue 2
 
Ensuite passez chaque bout de ces ficelles/cordes dans les anneaux des pitons, puis montez à la hauteur désirée, en donnant à vos plaques de mousse le dessin désiré. Attachez vos ficelles/cordes aux pitons.
Ces opérations terminées, laissez la barbotine s'écouler de vos plaques de mousse dans la bassine prévue à cet effet.
Lorsque l'écoulement s'interrompt peu à peu, remplissez votre réservoir du vaporisateur avec de la barbotine et imbibez abondamment votre mousse.
Répétez cette opération deux à trois fois dans la journée. Recouvrez votre mousse d'un film en matière plastique et répétez l'opération "vapo" pendant une semaine à raison de trois à quatre vaporisations journalières, en recouvrant chaque fois votre mousse pour éviter qu'elle ne se dessèche.
Pour vaporiser toutes les faces de vos mousses faites pivotez votre cage d'émaillage tout autours de votre œuvre.
Lorsque vous sentez que toutes vos plaques de mousse sont saturées de barbotine arrêtez l'opération. Vous pouvez décorer votre suspension comme vous le désirez avec les moyens cités plus haut.
Laissez sécher. Fabriquez un socle avec une argile de même composition que la barbotine pour enfourner votre suspension.
Récupérez l'excédent de barbotine qui se trouve dans votre bassine et sur l'intérieur de votre cage d'émaillage pour une utilisation ultérieure.
Cuisez votre pièce en dégourdi comme vous le faites pour vos créations céramiques.
Vous pouvez les émailler de préférence d'une couleur neutre et surtout mate. Ou alors salissez-la à l'aide de jus d'oxyde de fer rouge ou d'oxyde de cuivre ou par toutes autres méthodes à votre convenance.
 
Voici ci-dessous quelques exemples de suspensions :
 
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 5
Fig. 5
Fig. 6
 
  
On peut également suspendre ces mousses au travers de tube de différents diamètres exemples figure N°1 et N°3.
La hauteur de ces pièces varie de 70 à 80 cm sans les socles.
La figure N°1 est une installation de différentes structures. Mais elles ont cuit séparément dans le four avec les même montages que sur la "photo".
 
 
 
 
 

 

Les enveloppements :
 
Cette technique nécessite d'employer des plaques de polystyrène expansé aérées de différentes épaisseurs. Celles-ci vont servir à constituer l'armature de votre pièce. Suivant le volume de votre création vous pouvez coller ou agrafer plusieurs plaques de polystyrène ensembles. Ensuite vous découpez la forme que vous désirez exécuter à l'aide d'une scie égoïne et finissez de parfaire l'ensemble au papier de verre. Pensez aux dimensions de votre pièce et diminuez en conséquence celle de la structure. Vous pouvez également constituer des armatures en bois (basalte), en carton, en argile ou en fil de fer.
Utilisez une structure assez souple pour éviter les fentes et les cassures au retrait de l'argile.
Pour maintenir votre armature en place fabriquez un socle sur lequel vous fixerez un axe en bois rond taillé en pointe qui servira, une fois planté dans la forme de polystyrène, à maintenir celle-ci en place.
Dans ma bassine de récupération de barbotine je mets une tournette avec une large girelle et je place ma forme dessus.
 
 
 
 
Vue n° 3
 
 
Ensuite je découpe des bandes de mousse de largeur variables suivant le dessin et les plissements que je veux donner à ma pièce définitive et j'enroule ces bandes une fois trempées dans la barbotine autours de mon armature.
Je ne déplace pas ma cage à barbotine pour vaporiser ma pièce sur toutes ses faces je m'aide de la tournette pour cela.
Je procède pour la suite des opérations comme pour les suspensions.
 
Exemples d'enveloppements :
 
 
Fig. 7
Fig. 8
Fig. 9
 
 
 
Figure N° 7 : hauteur 80 cm, armature en bois et fil de fer.
Figure N° 8 : hauteur 60 x 30 cm de large et figure N°10 hauteur 130 x 80 cm de long, les deux pièces ont une armature en polystyrène expansé.
Figure N°9 : diamètre 40 cm, armature sur une boule d'argile réalisée au coulage, qui sous le poids de la mousse s'est affaissée.
 
Variantes des deux techniques (voir figures ci-dessous) :
 (l'ordre d'affichage est en fonction du format des image)
 
 
 
Fig. 13
Fig. 14
Fig. 15
Fig. 12

Fig. 11

Fig. 10

Fig. 16

Fig. 17

 
 
 
Figure N° 10 : les éléments ont été rajoutés par collage après cuisson. 
Figure N° 11 : dimensions 50 x 50 cm. La plaque de mousse à était posée sur un torchon, le tout noué aux quatre angles et suspendu. Rajouts de visages.
Figure N°12 : dimensions 60 x 25 cm et N°14 dimensions 80 cm sur diamètre 25 cm. Mousse de 10 cm d'épaisseur découpée à l'aide d'une égoïne et posée sur une forme ou enroulée et ficelée.
Figure N°13 : dimensions 80 x 30 cm de diamètre environ. Bandes de mousse posé sur une boule façonnée au coulage, bourrée de papier pour éviter l'affaissement durant la mise en œuvre. Cette boule était posé sur tuyau fixé sur un socle.
Figure N° 16 : dimensions 65 cm de haut par 70 cm de large environ. Cette pièce a été réalisée à l'envers. Un tube en fer rond était enfilé dans un tube en carton d'un diamètre de 10 cm le tout suspendu au plafond. Les bandes de mousse étaient disposées sur ce tube en carton. Une fois la pièce encore verte j'ai collé des tasseaux et une plaque en grès pour servir de socle. La pièce une fois finie a été collée sur une plaque de bois.
Figure N°17 : diamètre 50 cm. Cette pièce est identique à l'envers. Une grosse boule réalisée au coulage m'a servi de support. Les plaques de mousse rondes ont une épaisseur de 0.5 mm. Elles sont travaillées encore verte par crispation de la matière. C'est à dire que j'ai froissé les mousses pour leur donner cette apparence. Ces plaques de mousse étaient posées sur moule en plâtre demi-rond et furent ensuite collées sur la boule.
 
 
Article de Georges LANTERI / 2003
 
 
 
 
 
 
 
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